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Mizou ( son surnom en famille) et ses parents sont arrivés à oradour sur Glane le 10 juin 1944 par le tramway de limoges.Serge, son père, avait fui avec sa petite famille sa Moselle natale, pour ne pas être enrôlé dans l'armée allemande. Il venait ce jour là, rendre visite à des amis, réfugiés à Oradour, eux-mêmes Lorrains. La ville était très animée, il avait plu le matin, mais le ciel en ce début d'après midi semblait vouloir s'éclaircir. Serge et Augustine qui tenait petit Pierre dans ses bras, sont entrés dans l'hôtel, pour demander leur chemin. Il était 14 heures. Mizou était assise, à l'extérieur, sur une valise posée sur le trottoir. Elle regardait ses sandales qui la faisaient un peu souffrir. Machinalement, comme il faisait chaud, elle releva une mèche blonde, de ses cheveux coupés au carré, qui tombait sur ses beaux yeux clairs. Elle ne ressemblait pas à une jeune fille, elle allait avoir seize ans, mais c'était encore une petite fille. Elle était vêtue d'un chemisier blanc et d'une jupe bleue. Il y avait autour d'elle, comme un air de fête : des presque vacances dans un week end! Les commerçants devisaient sur le pas de leur échoppe, des jeunes filles passaient en riant, en se tenant par la taille, les hommes les regardaient en souriant, elles étaient si belles à regarder. 14 heures 15 Il y eut comme un frisson, un changement dans l'attitude et le comportement de la population : un convoi de camions allemands arrivait par la route de Limoges et c'était la peur qui s'abattait tout à coup sur l'insouciance de gens heureux. Le convoi stationna dans la partie basse de la ville, mais rapidement, cinq chenillettes remontèrent la rue principale et passèrent devant Mizou hébétée qui se précipita vers ses parents. Les soldats étaient casqués, revêtus d'ample veste de toile imperméable mouchetée verte et jaune. Les chenillettes stoppèrent dans le haut de la ville. Tout se passa alors très vite. Le garde champêtre battit le tambour pour enjoindre la population, hommes, femmes, enfants à se rassembler sans attendre munis de leurs papiers d'identités, sur le champ de foire. Mizou ressentait physiquement la peur de ses parents, son ventre lui faisait atrocement mal, et sa vessie ne répondait plus... Elle eut honte de cette faiblesse, mais personne, autour d'elle ne semblait-s’en être aperçu. La peur était partout et le mot otage revenait dans un murmure... Tous se dirigeaient, la tête basse, vers un même lieu. Il en arrivait de partout. On entendait des coups donnés dans les portes des maisons par les soldats qui obligeaient les gens à sortir de chez eux. Il y avait même des malades en tenue de nuit, encore plus pitoyables que les autres. Il y avait ceux qui étaient en tenue de travail, le boulanger torse nu, tout blanc de farine. Il y avait beaucoup d'enfants, car les soldats avaient fait sortir tous les enfants de leurs écoles. Cela rassurait un peu Mizou.Si ils avaient fait sortir les enfants, cela ne pouvait être que pour un simple contrôle d'identité. Des femmes pleuraient, d'autres plus courageuses, tenant leur bébé dans leur bras ou poussant leur poussette devant elles, se faisaient la même réflexion que Mizou. Sans arrêt des camionnettes ramenaient de nouvelles personnes. Le champ de foire était noir de monde et malgré cette foule et quelques sanglots, il flottait dans l'air un silence pesant. Le bruit était là, mais le silence lui était plus puissant! Mizou ne pleurait pas, mais elle serrait très fort la main de son père. Elle la sentait froide et humide de sueur. Ils ne virent pas leurs amis, mais, il y avait tellement de monde... Tout à coup le bruit se fit intolérable pour Mizou, elle n'entendait plus le silence, mais résonnait dans sa tête, le bruit des bottes, les coups donnés dans les portes à coup de crosses, les gémissements, les pleurs des bébés, les clac clac sur le sol des sabots des enfants des écoles, les ordres aboyés par les SS, et les jappements apeurés des chiens. Mizou sentait que quelque chose de terrible était en train de se passer, que ces hommes étaient fous et qu'ils n'auraient aucune pitié. Elle eut peur de fondre, de se répandre, là, parmi tous ces pauvres gens. Cela durait... durait... un cauchemar sans fin! 15 heures: Les SS estimant que la population était réunie, la partagèrent en deux groupes : d'un côté les femmes et les enfants, de l'autre, les hommes. Ce fut un déchirement pour Mizou de lâcher la main de son père. Elle se précipita dans ses bras malgré la bousculade alentour. Les femmes et les enfants encadrés par une dizaine de soldats, furent conduits vers l'église. Mizou se retourna rapidement et vit les hommes assis à même le sol, la tête tourné vers un mur. Elle fondit en larmes. Mizou se retourna rapidement... Les femmes et les enfants pénétrèrent dans l'église, bousculés par des hommes jeunes pressés et moqueurs. Ils amenèrent dans la nef une grande caisse et ils allumèrent des mèches. Il y eut une immense explosion, et une fumée noire, irrespirable envahit toute l'église. Tout le monde criait, fou de terreur, se précipitant vers ce qu'il croyait être des issus. Les corps tombaient les uns sur les autres, les uns piétinant les autres, s'agglutinant contre un mur, poussant une porte fermée qui s'ouvrit sur une prison de feu. Puis ce fut la fusillade, terrible, aveugle. le sang partout.... Mizou sut que plus rien n'était possible, sa mère avait disparu avec son petit frère dans la fumée. Elle tomba à genoux et attendit la mort en priant. Son petit corps s'enflamma très vite et seul resta une petite forme pétrifiée, toujours à genoux. Plus tard, un SS tenant encore une mitraillette à bout de bras, donna un coup de bottes moqueur, dans la petite forme tragique qui s'écartela et retomba en poussière. De Mizou il ne restait plus rien. Plus de cinq cents personnes sont officiellement mortes à Oradour sur Glane le 10 juin 1944...Nous disons bien OFFICIELLEMENT..... Mais combien d'inconnus se trouvaient là, au mauvais endroit, comme Mizou et ses parents?Nous ne le serons sans doute jamais... Il y a sans doute eu, plus de 1000 personnes décédées ce jour là, il y a encore aujourd'hui des procès de reconnaissance... alors? Comment puis je apporter la reconnaissance de l'identité de Mizou? Est ce mon destin, ou suis je simplement là pour éclairer d'un jour nouveau la puissance de cet être si vulnérable....et si fort? Si ce récit vous a touché. je suis là pour répondre à vos interrogations... Que votre ange de LUMIERE vous apporte la paix intérieure. Elvella Ange
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